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[Test] Child of Light, Ubisoft raconte nous une histoire

Child_of_Light_jaquetteA force de voir le mot “indé” dans chaque article Child of Light, je vais finir par croire qu’il a été développé par 2 mecs dans un garage au cours d’une Game Jam. Mais non, CoL c’est avant tout un moteur 2D très puissant, l’Ubi Arts Framework développé par Ubisoft Montpellier en partie pour les besoins de Rayman. Ce même moteur qui aurait du être gratuit et permettre à tous de créer des jeux. Les français ayant fait la partie chiante c’est à Ubisoft Montréal qu’est envoyé le vrai développement de Child of Light, J-RPG occidental auquel participera l’illustre Yoshitaka Amano , illustrateur de Final Fantasy.

Patrick Plourde et son équipe de 30 personnes disposent de 2 mois environ pour faire un hommage aux jeux du Soleil Levant, réussir à donner une nouvelle image à Ubisoft bien loin des grosses productions AAA et ainsi gagner la sympathie des joueurs.

A défaut de gagner le coeur des joueurs, Ubi Montréal gagna celui des artis et de la petite fille à son papa. L’écrivain et le gamer restent quant à eux sur leur faim, appuyant mollement sur la manette pour combattre et passer les dialogues. Le joueur PC en profitera, lui, pour rager sur UPlay si, tout comme moi, ce dernier a pris un malin plaisir à corrompre votre sauvegarde!

Graphiquement Child of Light atteint le firmament!

Exemple d'enigme du jeu
Exemple d’enigme du jeu

C’est beau, beau à en mourir grâce à un style pastel et aquarelle très marqué. Les jeux de lumière donnent une ambiance toute particulière au titre. Tandis que les dialogues en portrait rappelleront ceux de Guild Wars 2. Cette beauté toute particulière nous place directement dans un conte tel que les frères Grimm auraient pu écrire.

[pullquote align= »left|center|right » textalign= »left|center|right » width= »30% »]le premier niveau copie littéralement Limbo[/pullquote]On se balade de tableaux en tableaux comme on pourrait se balader dans un livre d’images pour enfant. Et alors que Child of Light n’est pas du tout un jeu indépendant, il fait régulièrement des clins d’oeil à ces jeux! Par exemple le premier niveau copie littéralement Limbo. Même structure, même ambiance et même mise en scène. On s’attend presque un un horror show.

Le royaume de Lémuria ressemble donc plus à un monde en ruine où Aurora descendra de plus en plus profondément qu’à un ersatz de film Ghibli. Tout est terne, triste, et les donjons font rarement preuve d’originalité artistique en dehors des salles de boss.

Et les musiques de Coeur de Pirate n’arrange pas cette impression de “trop classique”, les thèmes se ressemble tous et la musique de combat ne semble pas appropriée à l’exercice. Dommage car la magie opère durant la première heure avant de nous donner l’impression d’un éternel recommencement.

Entends la berceuse.

L'artwork signé Yoshitaka Amano
L’artwork signé Yoshitaka Amano

Si la musique manque de nous endormir c’est sans compter sur les dialogues, aussi nombreux que inintéressants. Sur ce point Child of Light a le même soucis que le dernier Golden Sun, vouloir à tout prix approfondir des personnages totalement vide.

L’histoire est très simple, Aurora, princesse autrichienne est envoyé au royaume onirique de Lémuria tandis que son père se languit d’elle, la croyant morte. J’y ai vu le scénario de Limbo mais en couleurs cette fois-ci. La fillette rencontrera des personnages propres à l’univers fantasy et aux compétences bien distinctes.

Mais pour expliquer ce scénario basique, le jeu se perd dans d’innombrables dialogues en vers apparaissant toujours au mauvais moment. De plus cette poésie est bien loin de celle de La Fontaine, narrant juste les malheurs des héros dont le joueur n’a que faire.

D’autant que l’héroïne est accompagnée de sa Navi, appelé Igniculus, ce feu-follet est certes un personnage intéressant et rassurant mais là encore les dialogues reste plats, heureusement qu’il ne nous crie pas “Listen!” à tout va!

L’histoire n’avançant pas je me suis vite détourné du jeu, n’y jouant que par obligation et petite sessions. Il manque ne serait-ce qu’un méchant et une ligne directrice, là on ne sait pas où on va.

RPG pour enfants

On retrouve des Racaillou
On retrouve des Racaillou

Se perdre dans Child of Light est de l’ordre de l’impossible, Lémuria est un long couloir 2D sur un seul plan sans réelle exploration. Le début du jeu promet de belles choses, notamment l’utilisation d’Igniculus pour cueillir les orbes lumineuses inaccessibles à la jeune fille. En pratique celle-ci apprend vite à voler gâchant du même coup le level design et le l’exploration. Quel est le sombre crétin qui a donné ainsi la possibilité au joueur de rusher comme un demeuré un jeu pourtant prometteur, d’esquiver tous les combats et de faire fi de la découverte. Certes les niveaux artificiellement labyrinthiques et les nombreux coffres cachés pourront intéresser certains mais c’est sans compter sur un jeu bien trop facile.

[pullquote align= »right » textalign= »left|center|right » width= »30% »]Même sans levelling extrême il est facile de rouler sur les ennemis[/pullquote]Même sans levelling extrême il est facile de rouler sur les ennemis, les boss étant les seuls à être capables de nous mettre dans le rouge. On va me dire de jouer en difficile, cependant ce mode demandera juste d’utiliser des objets, en normal ils ne servent quasiment pas, c’est juste de la collection.

Le système de combat reprend celui de Grandia, c’est à dire en semi temps réél ou chaque ennemi attaque plus ou moins rapidement selon sa vitesse. En gros il y a une grande zone d’attente et une zone d’action dans laquelle on choisi son action. Si on tape avant l’ennemi on le renvoie en zone d’attente. Et c’est là que Igniculus intervient; en l’activant sur un ennemi on le ralenti, sur un allié, on le soigne et sinon on peut récupérer des boulettes de vie, xp, magie.

Bien entendu chaque ennemi à une faiblesse , chaque héros à une spécialité (tank, soigneur, magie, altérations d’état). Et sachant que les combats sont en 2vs3, il est important de changer régulièrement de personnages.

Skill Tree
L’arbre de compétences linéaire au possible.

child_of_light_by_benson_artwork

Bref dit comme ça le système est complet et stratégique. En pratique l’ensemble est très mou, les combats sont milles fois trop longs et se résument juste à faire l’attaque de base tant celle-ci est efficace et les MPs bien trop rares pour être utilisés sur autre chose que des ennemis puissants! Du coup Aurora devient vite la brute épaisse du groupe, faisant office de tank et de dps! Son compagnon servant de soutien “au cas où”. Heureusement tout le groupe gagne de l’xp lors des combats. On peut aussi se mettre en garde pour se défendre mais cela nous envoie en zone d’attente et ne pare du coup rien du tout!

Qui dit RPG dit arbre de compétences, malheureusement celui-ci est aussi linéaire que le jeu, divisé en trois parties répondant à aucune logique il n’y a, pour ainsi dire, pas de choix à faire, pour débloquer un point il faut débloquer le précédent! Le build se résume à acheter toutes les compétences sans trop se poser de questions. Décevant!

Les Oculis rattrapent un peu notre déception, en nous proposant tout simplement le système de gemmes de Diablo, assembler des joyaux pour en avoir un plus puissant et l’insérer sur notre équipement pour obtenir quelques bonus. C’est là encore assez anecdotique, la montée en puissance est plus que suffisante et on change trop rapidement d’univers pour tirer parti de notre bonus élémentaire.

Copier Limbo, Grandia ou Final Fantasy VI n’est pas forcément une bonne idée quand on a plus l’habitude de survivre dans Far Cry que de diriger une princesse. Du coup on s’ennuie ferme dans Child of Light, on déambule juste dans les niveaux, perdant plus de vie à cause des pièges que par les ennemis qu’on met pourtant cinq bonnes minutes à exploser. L’histoire aidera la petite nièce à s’endormir mais le joueur cherchera plus un bon level design qu’une prouesse graphique. A vouloir faire à tout prix un jeu petit budget tout en élevant le jeu au rang d’art, Ubisoft a oublié qu’un jeu vidéo c’est avant tout un gameplay!

Mon expérience n’étant pas reconnue par Ubisoft,  j’ai dù payer mon jeu, pardonnez donc cette note peu journalistique. Si seulement j’avais pu rédiger ce test sur Nexus 7, mon avis aurait sûrement été bien différent.
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A Propos Donwar

Gamer handicapé de 25 ans, j'analyse le monde du jeu vidéo depuis un moment et aime observer son évolution. J'aime tout autant l'écriture que la vidéo.

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2 commentaires

  1. Jeu très sympa et très joli, on se promène sur la carte en vue 2D avec le contrôle d’une luciole avec le tactile, très précis d’ailleurs, pour éclairé son chemin, récolté des objets ou interagir avec et paralyser les ennemis, ce qui permet de faire des stratégies comme dans Breath of Fire V Dragon’s quarter.

  2. En tout cas, l’histoire d’Ubisoft m’a beaucoup plu ! J’ai adoré me laisser transporter dans l’univers poétique que nous propose Child of Light. De plus, le gameplay est tellement simple et agréable.

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