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Dishonored test

[Test] Dishonored – honneur aux gamers

Dishonored est un petit jeu sorti de derrière les fagots par les frenchies de Arkane Studio. Pour ainsi dire on n’attendait pas la bête, loin de là, mais depuis un an le buzz n’a cessé de croître, il faut dire que les développeurs sont ceux de Dark Messiah, ce Jeu de rôle à la première personne et ils ont aussi réalisé le level design de Bioshock. Ils s’y connaissent donc en univers glauques, ambiances réalistes et macabres; et d’ailleurs ces jeux se retrouvent énormément dans Dishonored.

La ville d’apparence anglaise rappellera dans son ambiance et son histoire Deus Ex ou Bioshock. Dunwall est une exagération de la révolution industrielle, espèce de mise en abîme de l’oeuvre de Zola avec la lutte des classes et le fossé entre le bas peuple et la haute société. Alors que certains souffrent et meurent de la Peste, d’autres multiplient les fêtes et les banquets pour le plus grand bonheur de Corvo. L’assassin a une dent contre la cité et ses dirigeants, passant de criminel à martyr celui-ci se fera l’avocat du peuple, bras armé des pestiférés.

Bizarrement le début du jeu ressemble beaucoup à The Witcher 2, assassin malgré lui et libéré de la prison générale. Seul témoin de l’assassinat de l’Impératrice et cherchant a destitué le nouveau dirigeant. Néanmoins les similarités s’arrêtent là et on retrouve un style beaucoup Bioshock avec des pouvoirs; on est cependant pas dans Rapture avec des améliorations que chacun peut posséder. Corvo est l’élu, il a reçu l’Outsider, espèce d’entité à part entière lui permettant de débloquer/développer de nouveaux pouvoirs. De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités! Et surtout énormément de choix car il nous est impossible de tout posséder, d’être un assassin surpuissant rentrant dans le lard de tous les gardes puis s’échappant comme une danseuse.

La croisée des chemins!

Dunwall est petite mais tortueuse

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, Dishonored n’est pas un monde ouvert (ce ne n’est non plus FF XIII rassurez-vous) mais est découpé en zones plus ou moins grandes. Les murs et obstacles sont d’ailleurs relativement cohérent et le syndrome de la pierre est très peu présent (NDLR: le tas de pierre de 30 cm vous bloquant la route). Nous voici par exemple dans les bas-fonds à chercher notre cible dans un dédale de ruelles sombres grouillant de pauvres bougres maladifs, Et c’est à nous de chercher le meilleur moyen d’accomplir notre mission. On devra constamment utiliser les pouvoirs à notre disposition pour évoluer. Corvo n’est pas un descendant d’Altair, juste un homme relativement banal, pas question de jouer à Spiderman et escalader une tour de 100 m à la seule force du poignet mais on pourra enjamber sans soucis un obstacle, se mettre à couvert et autres classiques du jeu d’infiltration. Pour le reste il y a les pouvoirs.

Si Dishonored est si riche et prenant c’est que Corvo est équipé d’un bon paquet de capacités déblocables par des runes dispersées en jeu (véritable défi de recherche malgré notre radar). Et comme DXHR, on construira son personnage selon sa façon de jouer. Du gros bourrin près à foncer dans le tas à grands coups de rats au furtif le plus total et ses pouvoirs tel que la Possession et le Clignotement (très marrante pour traverser une zone rapidement).

Les armes sont peu nombreuses, pistolet, arbalète et tout un tas de  fléchettes tranquillisantes ou balles explosives. Notre meilleur ami sera notre coutelas d’assassin, arme essentielle pour assassiner furtivement les gardes … ou les tuer à tour de bras! On devient vite surpuissant lorsqu’on maitrise les duels au sabre couplés au pistolet. Et voilà que j’enchaine tous les gardes de la zone afin de me balader peinard durant le reste de la mission! Et hop un petit baril d’huile de baleine dans ta gueule et on en parle plus ! Ou sinon je peux arrêter le temps et vous tuer pendant ce moment de répit.

On fait souvent dans le classique et le bourrin, mais mieux vaut apprendre à utiliser nos pouvoirs pour éviter de perdre toute sa vie et ses balles. On reste dans le jeu d’infiltration hérité de la lignée des Thief, et non dans du gros Call of des familles.

Et tous ces gameplays changent le jeu et chaque session est différente. La jouabilité du titre est excellente, une zone et une mission peut se faire de nombreuses façons différentes et cela influera sur la suite du scénario et surtout sur la fin, ou les fins car celles-ci sont nombreuses. Je vous rassure il n’y a pas de Bad Ending mais si vous faites des bétises vous ne pourrez-vous en prendre qu’à vous-même.

Mais malgré ces éléments on succombe assez rapidement à la facilité, certes les zones sont relativement grandes (à part 2 niveaux extrêmement linéaires sur les 10) mais le fait de savoir où se trouve notre objectif nous permet de tracer. De base seul le Clignotement (téléportation) nous est donné et cela suffit. Les autres pouvoirs ne sont pas vraiment indispensables et il suffit de se TP à longueur de temps pour voir le bout du niveau. Si on veut vraiment speed-runner, c’est possible. Par exemple j’ai fait le dernier niveau en 5 minutes, sans tuer personne ni me faire repérer rien qu’avec la téléportation, alors qu’il m’a fallu 40 min la première fois en mode bourrin!

Mensonges et Trahison!

Le jeu est magnifique … de loin!

Si y a bien un truc que les jeux ont du mal à faire, c’est le scénario, tantôt trop étoffé, tantôt inexistant, rares sont les jeux sachant faire la part des choses. Dishonored fait partie de ces jeux où, en plus d’être chiant, il empiète énormément sur le jeu en lui-même. Digne du meilleur des Mario, nous faisant miroiter la fin et nous reprenant la princesse.

Le problème vient de l’île servant de point de repos, c’est ici que vous améliorerez vos armes et prendrez votre nouvelles missions. Cependant cela casse totalement l’action et les dialogues sont statiques au possible. Vous aimez les cinématiques? Passez votre chemin, ici on vous regarde constamment dans le blanc des yeux pour vous noyer en parlottes inutiles. Comme souvent désormais, c’est les livres et les lettres que vous trouverez ici et là qui vous apporteront le plus d’informations sur l’univers du jeu, sur ces us et coutumes.

Impossible par exemple d’avoir des infos sur ce fameux Outsider, cette « divinité » qui vous donnera vous pouvoirs et dont l’univers rappellera beaucoup celui de l’Epouvantail de Batman. Pourtant c’est ce personnage qui se révélera le plus intéressant et le plus mystérieux, il observe le monde et le chaos qui s’en découle tel le Maitre du Destin. Entité insidieuse qui s’infiltrera dans votre esprit et vous rappellera sa présence à chaque fois que vous utiliserez un pouvoir.

On nous avait promis un univers riche et vivant avec ce contraste dû à la Peste. Force est de constater que seul la présence des rats vous rappellera la charmante époque à laquelle vous vivez. Le jeu est carré, sans surprise, les pestiférés seront dans tel niveau, les Tall Boys dans tel autre, pas de mélange, de surprises ou de conflits. La ville est morte et les seuls humains que l’on croisera seront les gardes à éviter.

Gardes à vous!

Les Tall Boys, ennemis de votre furtivité

Bien qu’on puisse se la jouer totalement furtif et finir le jeu sans tuer personne et sans se faire repérer (et ainsi avoir des succès). Certains ennemis se montreront moins conciliants et se laisseront pas berner facilement.

Alors que les trois-quarts des ennemis sont cons comme des valises et ont une distance de vision de 2m, d’autres disposent d’yeux capables de voir une mouche à 200m d’eux. Et il ne s’agit pas forcément des fameux Tall Boys, ces soldats sur échasses vous atomisant au canon mais bien de gardes normaux mais un poil bugués.

Ils ne sont pourtant pas tous cons et remarqueront vite un cadavre qui traine (cachez-les), entendront les coups de feu ou les bruits de pas et alors les arcs électriques auront tôt fait de vous carboniser si vous entrez dans leur champ de vision. De plus, l’IA est évolutive, cachez un cadavre et alors le garde suivant prendra au compte la ronde de son collègue. Volez sa bourse et il cherchera le pick-pocket. Analysez bien les mouvements de chaque personnage mais évitez de les mémoriser, ce n’est pas du script, les gardes auront des mouvements différents à chaque nouvel essai. Ils sont assez attentifs à leur environnement pour vous débusquer. Néanmoins une fois accroupi il y a peu de chance pour que les gardes vous repèrent.

A part les gros balots tuables en quelques coups, les officiers seront bien plus handicapant à cause de leur pistolet et de leur maitrise du sabre. Les Ombres possèdent elles le Clignotement mais, bien que ce soit des ennemis coriaces, vous ne les rencontrerez qu’à deux moments de l’aventure et c’est franchement dommage.

Même chose pour les Tall Boys qu’il faudra à tout prix éviter, ce genre de supers ennemis sont trop peu présents et rendent le jeu bien trop simple (attention en Very Hard ça devient tendu).

Le level design est d’apparence complexe mais relativement linéaire. On aura une petite dizaine de façons d’aborder un niveau mais globalement on retrouvera certains éléments tout le long du jeu. Cependant il faudra jongler entre les pouvoirs pour passer sans se faire repérer, regardez par le trou de la serrure, tuez les gardes à l’aide d’une Nuée Vorace et couper l’alimentation des arcs électriques et ainsi se rendre au chargement suivant.

On pourra foncer dans le tas ou passer par les toits ou encore se faufiler à travers tout le troupeau, à vous de trouver votre voie. Certaines missions sont hypers agréables à faire en furtif. Et lorsque vous évitez de massacrer le moindre passant, celui-ci pourra, en échange de services, vous aidez à pénétrer dans certains endroits. Vos actions auront un impact dans le reste du jeu et vous pourrez aller faire les missions secondaires disponibles au fil de l’aventure. C’est justement conseillé pour mieux appréhender votre mission. Il ne faut pas hésiter à visiter les moindres recoins du niveau pour analyser les différents passages et pourquoi pas récupérer runes (pour vos pouvoirs), os (pour de meilleures stats), argent et potions (qui rappelleront les potions du Jardin des Glaneuses de Bioshock). Dishonored reste un jeu assez arcade avec de nombreuses statistiques en fin de mission, amateurs de succès, n’oubliez pas cela.

Peinture sociétale!

personnages dishonored
Un chara design très sombre mais peu inspiré!

Arkane Studio défend ses graphismes et arguant avoir voulu proposer un tableau grâce à des textures rappelant les coups de pinceaux de certains grands maitres. Très franchement, le jeu est certes beau de loin mais dès que l’on s’approche on ne voit qu’une bouilli infâme de pixels tendant vers le marron. On peut toujours évoquer l’argument « c’est un style » mais ça n’excuse pas tout. Comment pardonner l’absence d’ombres? De jeux de lumière? On est dans un jeu d’infiltration et pourtant l’obscurité n’a que peu d’incidence sur le gameplay. Un fourré n’est pas un endroit pour se cacher, juste un vulgaire élément de décor. A une époque où les cartes graphiques sont de plus en plus puissantes, le PC n’a même pas le droit à une gestion correcte des ombres et lumières, c’est dommage.

Mais à côté de ça, Dishonored nous livre un véritable univers glauque et en pleine évolution. Des ruelles sombres et crades aux fastueux banquets, on est plongé dans cette époque d’industrialisation. Néanmoins j’ai trouvé tout cela moins bien retranscrit que dans Fable 3, la faute à des zones peu vivantes. Et malgré la saleté et l’omniprésence de la milice rendant l’ambiance très oppressante, on a du mal à se sentir intégré à l’univers, on est spectateur de tout cela, observant tout cela de loin. La faute à un personnage trop puissant, trop rapide tel une entité ésotérique. Il faudra attendre l’avant dernière mission pour vraiment avoir peur pour sa vie, se sentir intégrer à ton ceci et non plus simple visiteur.

De même, les personnages manquent de réelle saveur, trop statiques et effacés, ils nous donnent des missions, des objets mais rien de plus, ça manque de mouvement et de cinématiques. Les visages n’aident pas à cela, masques de cire inexpressifs si ce n’est le mouvement de leurs lèvres. Ils sont burinés mais trop commun et sans saveur. Finalement seul Emily et l’Outsider possèdent une identité propre, chacune de leur intervention est mise en scène. La première est attachante et nous rappellera à notre condition d’homme et non plus de tueur sanguinaire. La petite est fragile, frêle mais débrouillarde, Emily donne de la fraicheur à ce monde froid et vicié. A l’inverse, l’Outsider joue les dieux, sorte d’observateur de ce monde en ruine, il vous donnera vos pouvoirs  et vous guidera dans leur utilisation. Il philosophe et montre le renouveau du monde au travers des défauts des gens. Surement le meilleur personnage du jeu.

Tout cela sert une histoire somme toute assez commune axé sur la vengeance et la dictature, finalement on devine la fin du scénario dès le début du jeu. Enfin la fin globale car là encore vos choix influeront énormément sur la narration. De pas tuer telle ou telle personne ou encore réaliser les missions secondaires amèneront à un autre dénouement plus ou moins heureux. On reste dans le classique par contre, ne vous imaginez pas empereur, vous êtes l’homme de l’ombre devant protéger la princesse. De même le jeu durant une petite dizaine d’heure, il est dommage de ne pas avoir créé de nouvelles zones accessibles uniquement via tel ou tel embranchement scénaristique.

Quitte ou Double

Tueur d’impératrice, assassin et vengeur!

Avec ses dix heures de jeu, Dishonored aurait tôt fait de se faire descendre par la critique si Arkane et Bethesda n’avaient pas choisi de gonfler artificiellement la durée de vie. Outres les désormais traditionnels succès comme trouver toutes les runes, avoir toutes les pièces et j’en passe, on devra accomplir le jeu sans tuer personne ni se faire repérer. Ce n’est pas évident mais grâce à quelques guides vidéo j’ai passé deux chapitres ainsi. Le véritable intérêt du jeu ne réside pas sur le fait de le finir, de rusher ou même d’atomiser tous les gardes – ils sont tellement cons que ça en devient simple – mais de chercher la perfection, comment tout avoir en un minimum de temps. Et c’est là où ça devient intéressant et où le jeu se dévoile. Pouvoirs combinés, fuite, attente, ce sont les maitres mots pour devenir de prince des assassins. Vous ne vous servirez pas des flèches ou des balles explosives, des mines ou des rats dans votre première partie, inutile aussi d’optimiser votre furtivité, mais dès que le score est en jeu, la moindre bouteille vide vous servira à appâter les gardes afin de les contourner, passer par les chemins les plus tordus vous permettra de découvrir une nouvelle planque pleine d’argent ou même d’une clé permettant d’ouvrir une grille située deux niveaux avant.

Les rues de Dunwall paraissent vides et étriquées mais renferment de nombreux secrets et le plus intéressant sera de les trouver avant d’améliorer votre confort de jeu (comprendre: la fuite après avoir réalisé votre assassinat). Parce que ramener un mec endormi sur votre épaule alors que le secteur grouille de gardes n’est pas évident, surtout en infiltration, mais c’est tellement jouissif.

Test de Dishonored par MrDeriv 

Dishonored est riche, Dishonored est artistique et change des jeux couloirs habituels. Le 15ème siècle est bien retranscrit mais les graphismes datés gâchent le tableau, pourtant sur PC les contrôlent sont excellents, l’interface est bonne, l’eau est magnifique mais où sont ces foutus ombres? Pour un jeu d’infiltration, ça nuit grandement à l’ambiance globale. Et les personnages statiques et bavards au possible n’arrangent rien. Heureusement que le gameplay est là pour rattraper le tout. Avec de nombreuses façons d’aborder une mission, Dishonored joui d’une bonne rejouabilité et propose un bon défi pour les joueurs acharnés. Vivement Dishonored 2.

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A Propos Donwar

Gamer handicapé de 25 ans, j'analyse le monde du jeu vidéo depuis un moment et aime observer son évolution. J'aime tout autant l'écriture que la vidéo.

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2 commentaires

  1. Je suis assez d’accord

  2. Je ne suis pas d’accord, ton analyse mais le point sur des critiques infondé, et le comparé à Fable III est ridicule (j’ai trouvé Dishonored bien supérieur).

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