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[Test] Tomb Raider, du sang aux armes

Après un début 2013 aussi vide en bons jeux que la 5ème génération en Pokemon il était temps de poser la main sur un reboot que je défonçais avant même d’en avoir vu la couleur. Il faut dire que les reboots de licences sur le déclin se résument à une casualisation à l’extrême du gameplay histoire de coller aux joueurs n’arrivant pas à finir les jeux (oui j’en fais partie) et attirer encore un peu plus de kikoofps. En plus on est cons puisque Crystal Dynamics n’a pas pour habitude de faire de la merde avec ses jeux.

Bref les premières previews pointaient à peine le bout de leur avis que les trolls tiraient à boulets rouges sur la pauvre Lara maltraitée à coup de QTE. Et ne parlons même pas des féminismes qui ont tout de suite vu dans le parcours initiatique de l’aventurière nouvelle version une atteinte à l’intégrité de la femme. Bon sur ce point on ne peut pas leur donner tort puisque la demoiselle va s’en prendre plein la gueule. Comment ça vous ne voulez pas être un peu spoiler sur l’atmosphère ?

Vous êtes prêt ? Prenez votre bite et votre couteau, nous partons en apprentissage:

Tomb-Raider 2013

Car Tomb Raider est avant tout un apprentissage, tant pour le joueur que pour l’héroïne, fini la femme mature aux gros seins fermes pointant autant que la bosse de notre pantalon. Oui parce qu’on l’avait perdu notre Lara, dans certains épisodes elle était plus une maitresse dominatrice que l’alter-ego d’Indiana Jones. Cette fois-ci Lara à 21 ans, vient tout juste de sortir du cocon familial et voulait juste un peu d’action avec ses copains (oui, oui ceux qu’on voit juste pour nous faire chier). Ainsi nous voici seul au monde sur une île pas vraiment déserte. Le début du jeu rappellera le film King Kong de Peter Jackson, d’ailleurs on trouvera de nombreux parallèles avec cette œuvre.

Mais alors comment passer d’une ado apeurée à une femme fatale ? Et bien en lui mettant le nez dans la boue encore et encore.

Lara va, dès le départ, souffrir, tomber, mourir et recommencer. Non pour le joueur ce n’est pas un die and retry mais pour la jeune pucelle la première fois est un peu dur. A notre réveil nous avons littéralement la tête à l’envers, notre situation donne le ton nous sommes un vulgaire sac de viande qui passera de boucher en boucher. Et on est vite confronté au tiers du gameplay, les QTE. Bon en général je n’aime pas ça et si je n’avais pas eu un clavier j’aurais démonté allègrement le jeu sur ce point. Mais ici elles sont relativement bien placées et à la difficulté bien dosée.

Du matraquage de stick pour se défaire d’une étreinte au mash-up de la barre d’espace pour casser un truc, ça passe relativement bien et cela reste bien moins dur et contraignant que dans un God of War. Les scènes clés du scénario bénéficient de QTE plus dures mais tellement immersives, on galère autant que Lara dans ces phases-là. Néanmoins beaucoup d’entre-elles auraient pu être évitées. Je hais les QTE car c’est plus du faux gameplay qu’autre chose et ça me fais chier d’exploser ma manette pour ouvrir une foutue porte. Je dois dire que si, sur PC, on ne pouvait pas switcher du clavier à la manette à la volée je n’aurais clairement pas fini le jeu.

Les QTE au service de la souffrance

Mais tous ces mouvements sont nécessaires pour rentrer dans la peau de Lara – rêve de tous les hommes avouons-le – et partager avec elle ses souffrances. De femme elle passera à chose au début de l’aventure avant de se venger tout en gardant une certaine candeur. Il y a finalement un véritable décalage entre les cuts-scène et le semi-gameplay et les phases où l’on contrôle Lara. Dans les premières la fille va tomber dans un trou, glisser en se prenant toutes les barrières avant d’atterrir dans la boue puis traverser un camp de guerilleros assoiffés de sexe et de sang alors que dans les secondes suivantes on farcira des troupeaux entiers d’hommes avec des flèches et du plomb.

Oui au début Lara est fragile et le jeu prendra un malin plaisir à la briser sous nos yeux médusés et pourtant avides de plus de sévices. C’est un petit jeu malsain auquel nous force Crystal Dynamics, il nous met face à nos vices et nos peurs, peur de voir Lara mourir, peur de la voir encore plus souffrir et pourtant on sera toujours face à cet irrépressible besoin d’aventure. Au début les feux de camp vous paraitront salutaires histoire de diminuer votre rythme cardiaque puis vous zapperez ceux-ci préférant toujours en voir plus. Mais voir quoi au final ? Une Lara qui se noie, qui se fait embrocher ou démembrer à cause d’un saut mal négocié ? Car Les morts dus à notre incompétence sont bien plus violentes, malsaines et dérangeantes que celles dû aux ennemis. C’est comme dans Limbo, on se sent coupable et on a envie de vomir en voyant Lara pousser son dernier râle. C’est la première fois qu’un jeu « grand public » me choque !!

La mort laisse un gout amère!

Et puis il y a cette scène magistrale du premier homme tué, ce passage à l’âge adulte et la prise de conscience du coût de la vie. On a même pas envie de tuer l’homme, on ne l’a jamais fait mais finalement le jeu nous oblige à nous défendre, à passer à l’acte et tout d’un coup tout devient plus facile, on retrouve la guerrière sanguinaire. Mais c’est justement le plus gros reproche qu’on peut faire au jeu, il y a trop de combats, ce n’est pas un Tomb Raider mais par moment un Uncharted Massivement Bourrin, on fait face à une pelletée d’ennemis popant par dizaine alors qu’on vient juste de prendre les armes. Tu veux faire quoi face à des grenades et des mitraillettes avec ton pauvre arc !

Et puis c’est quoi cette mode des arcs, dans le jeu c’est soit des pompes, soit des fusils ou des arcs par dizaines, d’où des mecs pommés sur une île ont pu trouver autant de matos. Même dans Call of y a moins de pécores et de pétoires.

C’est lourd de se taper pleins d’ennemis tout le temps, y a que ça et c’est là où réside la difficulté, se farcir des mecs blindés avec ta Lara fragile comme pas deux, ton arc à deux francs et une mitraillette aussi précise qu’un joueur console sans aide à la visée. T’en as vite marre et pourtant le jeu augmente le nombre d’ennemis et ses phases prennent le pas sur les moments de grimpettes chères au cœur des joueurs. Tu te retrouves avec un jeu en deux temps comme dans de nombreux films ou série actuels.

Pour prolonger le scénario ils nous renvoient visiter encore toute l’île mais cette fois-ci en mode berserk pour masquer le manque réel de scénario et de level design. Fini l’exploration, la découverte de soi et les moments dérangeants au possible. Fini les phases d’escalade retord et les décors plus glauques les uns que les autres et bienvenue dans « tu tires ou tu pointes ». Finalement heureusement que le gameplay shoot soit aux petits oignons avec une couverture automatique qui ne vous fera jamais défaut et qui fera pâlir les héros de Gears of War, une localisation des dégâts bien foutue et une bonne gestion des esquives car sinon Tomb Raider n’aurait pas pu rentrer dans le Hall of Fame des meilleurs TPS.

Call of Raider

Comment ça je troll ? Attendez, il y a aussi un système d’amélioration des armes où il suffira juste de tout cocher au fur et à mesure qu’on récolte des matériaux et des compétences à améliorer si t’es vraiment trop nul ! Y a pas à dire Tomb Raider est un jeu complet. Sans oublier la chasse bien sûr, arc oblige, on est obligé de passer par LA feature aussi innovante qu’inutile de 2012, tuer des animaux, car ça rajoute du réalisme et comme dans tous les autres jeux on le fera une fois pour le tutoriel avant de laisser tomber la chose pour le reste de l’aventure. Je ne comprendrais jamais l’intérêt d’incorporer un truc n’apportant rien à part rajouter 10 min de « fun » supplémentaire.

Mais j’écris, j’écris mais à force de lire des critiques vous n’allez pas percevoir toute la puissance du jeu. Toute la première partie est un chef d’œuvre, un palace où chaque brique est placée au millimètre pour vous impressionner.

Lara est juste magnifique, non pas en tant qu’icone sexuelle mais en tant que femme. Ce n’est pas de ses courbes appétissantes, de ses seins aussi parfaits que naturels ou de ses fesses rebondies que vous allez tomber amoureux mais de son visage exprimant la détresse, le manque de tendresse, le désespoir et en même temps l’espoir de retrouver ses amis. Même les moments où elle se faufile entre deux rochers sont loin d’être érotiques et montrent juste une fille bien proportionnée sans rajouter des mouvements de boobs à la Dead or Alive.

Comment ça je suis pas attirante?

Les phases d’exploration sont parfaites, jouissives car réalistes. Si Tomb Raider 2013 est excellent c’est parce que le jeu est beau, est réaliste. Les décors sont à tomber par terre et desservis par un éclairage des plus convaincants. L’eau ne présente pas cette impression d’être juste texturée, c’est de la vraie flotte dans laquelle nous allons très souvent évolué. Et il faut aussi parler du feu encore plus incroyable que celui de Farcry. Et des décors variés nous plongeant dans un univers à mi-chemin entre l’Asie, le vaudou et les favelas contemporaines. Et puis y a aussi cette profondeur de champ juste dingue qui nous montre qu’on peut aller partout. Et…. Et y a tellement de trucs qu’on ne pourra rien reprocher à Tomb Raider.

 Tout est réaliste, tout est fluide, tout est optimisé. Vous avez un jeu aussi beau que Crysis 3 avec en prime de la tessellation peu gourmande et le TressFX réglant le seul vrai défaut du jeu, la queue… de cheval (la tresse quoi) un peu fofolle. Et encore c’est parfois la technologie d’AMD qui merde plus que sans. Le tout avec toutes les options au maximum pour 30 fps ou plus de 60 sans le TressFX et AA 4x. Incroyable, aucun jeu actuel ne mélange une telle beauté et une telle fluidité. Pourquoi sortir une PS4 alors ?… Ah oui pour que les consoleux nous rattrapent !

Le grappiiinn Tomb raider
Leee Grappiiiiinn

Avec tout ça j’arrive toujours pas à vous parler du vrai gameplay, celui où il faudra utiliser notre arc transformer en grappin pour l’occasion, celui où vous ferez mumuse avec la tyrolienne alors que 300 m plus bas la mort vous attend. Celui où vous explorerez des zones certes linéaires et en même temps tellement riches que vous zapperais à coup sûr de nombreux trésors ou même des donjons secondaires. Finalement le jeu est assez vertical, nous demandant de toujours aller plus haut et descendre après cela dans les abysses les plus horribles.  Vole Lara, vole et va vers ton destin même si tu ne sais pas ce qu’il y a au bout…

Au passage pour les mauvaises langues critiquant la durée de vie ridicule et la relative simplicité de l’ensemble, sachez que il y a un bon paquet de temples cachés demandant un peu plus de réflexion que l’utilisation de l’Instinct, cette vision over-cheatée vous montrant tous les éléments interactifs du décor. Enfin je dis ça mais c’est pratique pour savoir où aller. En 8h je n’ai vu que 54% du jeu… bien sûr les 46% restants correspondent plus à les trophées bullshit qu’à du vrai gameplay. D’ailleurs sachez qu’on peut revisiter des anciens passages pour débloquer de nouvelles zones secrètes, alors, linéaire ce Tomb Raider ?

Le feu sera un allié autant qu'un ennemi!

Dans ses nouveaux tombeaux il faudra utiliser la sainte trinité élémentaire, l’eau, le feu et le vent pour résoudre les mystères des morts. Tant que j’y  pense je préciserais que le vent sera très présent au cours de l’aventure donnant ainsi un peu de grand spectacle à l’aventure ainsi qu’un coté Uncharted.

Car ce Tomb Raider est un hommage aux aventuriers que l’on connait, le coté action n’est pas sans rappeler les belles heures de Indiana Jones c’est-à-dire sans le 5 même si certaines parties feront penser aux sombres minutes de ce « film ». Femme oblige, Mademoiselle Croft fera indéniablement penser à la sulfureuse Sydney Fox dans sa façon de traiter les hommes, forcément les traits de l’aventurière seront bien plus prononcés dans les épisodes suivants !

Et contrairement aux autres testeurs un poil de mauvaise fois, Tomb Raider ressemble à Uncharted, Lara est aussi agile que Nathan, les testicules en moins ! Lara est plus dangereuse que Nathan et aussi plus athlétique, là où Nathan a du mal à grimper une clôture, Lara fait du toboggan dans les tunnels et mélange trois civilisations disparues.

Tomb Raider 2013 est un Tomb Raider et un excellent jeu. Certes il est bourrin, linéaire et finalement trop facile mais tellement impressionnant et mis en scène de façon tellement admirable que même les meilleurs films d’actions ont du souci à se faire. Et puis il y a Lara Croft, et à elle seule elle justifie l’achat du titre car le jeu arrive à nous faire ressentir beaucoup de sentiments et d’empathie tout au long de l’expérience. Plus qu’un jeu, Tomb Raider reste un voyage initiatique et une incroyable perle de 2013. Alors toi aussi, ami joueur, prends tes boobs et ton piolet et pars explorer l’île !

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A Propos Donwar

Gamer handicapé de 25 ans, j'analyse le monde du jeu vidéo depuis un moment et aime observer son évolution. J'aime tout autant l'écriture que la vidéo.

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Pas de commentaires

  1. Waow super belle critique. Cette fois t’étais vraiment passionné et ton test reflète très bien l’esprit du jeu. On a beau dire Uncharted + Farcry3, Tomb Raider fait passer FC3 pour un gros fail et Uncharted pour un bluck buster americain ridicule

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